C’est quoi ?

Base incontournable de la danse classique

L’en-dehors n’est pas une position naturelle.

Et pourtant c’est la base fondamentale de la danse classique, ce qui en fait sa particularité.

C’est un mouvement de rotation de la jambe vers l’extérieur.
Les cuisses doivent trouver la force de pivoter dans l’articulation de la hanche. Les genoux et les pieds doivent suivre aussi cette même orientation.

On retrouve cet en-dehors dans les cinq positions fondamentales : première position, seconde, troisième, quatrième et cinquième position.  

Son origine

L’en-dehors est apparue au XVIIe siècle, en France, sous le règne de Louis XIV lors de la création de l’Académie royale de ballet.

Pour quelles raisons ?

Tout d’abord, pour une raison d’esthétique. On disait à l’époque de Louis XIV, que montrer la face interne de ses jambes au public apportait un rendu visuel plus élégant, plus beau et plus gracieux.

Non seulement, cet en-dehors permet de dégager la jambe joliment, mais il apporte également une grande liberté des mouvements.

Petite anecdote

Pour montrer leur richesse, les gentilshommes qui dansaient, car cela faisait partie de leur éducation, tournaient leurs jambes vers l’extérieur. Ainsi, le public pouvait voir les bijoux qui étaient placés sur leurs chaussures.

À savoir

Bien souvent, cet en-dehors qui est perçu à tort, comme partant des pieds, peut entraîner de lourdes répercussions, comme un déséquilibre postural compensatoire.

L'hyper-rotation : un atout ou un piège ?

L'illusion d'un en-dehors parfait

On parle d‘hyper-rotation lorsque l’amplitude de rotation de la jambe dépasse les limites physiologiques « normales ». Souvent liée à une hyperlaxité (une grande souplesse des ligaments), elle donne l’illusion d’un en-dehors spectaculaire sans effort. Cependant, il ne faut pas confondre mobilité et stabilité :

  • L’en-dehors technique est une action active : il est soutenu par la force des muscles rotateurs profonds de la hanche
  • L’hyper-rotation est souvent passive : le danseur s’écrase dans son articulation, utilisant la souplesse de ses ligaments plutôt que la force de ses muscles

Sans un gainage musculaire profond, cette hyper-rotation devient instable. Elle ne permet pas de construire une technique solide et, à terme, fragilise énormément les articulations qui ne sont plus « tenues ».

Conséquences néfastes de forcer cette rotation externe :

  • Affaissement des voûtes plantaires, voire destruction de la cheville par éversion, (roulement sur les chevilles, le poids du corps est déporté sur l’intérieur du pied, particularité des genoux valgum) ou inversion (le poids du corps est déporté vers l’extérieur, ce qui donne au pied la forme courbe d’une serpette)
  • Torsion du genou dans les pliés (il se déporte en avant)
  • Affaiblissement des ligaments des pieds et des genoux, d’autant plus sur les genoux valgum. De mauvaises pressions sur les genoux peuvent conduire à un écrasement du cartilage, pouvant aller à sa destruction
  • Le bassin s’incline en antéversion, entraînant une lordose exagérée
  • La synergie musculaire devient impossible, les pas sont plus difficiles à réaliser
  • Réception brutale après un saut peut abimer les ligaments et les ménisques
  • Tension sacro-iliaque qui se répercute bien entendu sur la colonne vertébrale
  • Instabilité articulaire chronique, le corps ne sais plus comment se stabiliser sans verrouiller ses articulations

Conclusion

Forcer sur des positions en inéquation avec sa morphologie est redoutable, parce que destructeur, surtout chez un enfant en pleine croissance. Son squelette est encore bien trop fragile.

L’en-dehors doit être travaillé prudemment, petit à petit, sans exagération au cours de l’apprentissage. Dans un premier temps, au sol, avec des exercices spécifiques, puis à la barre.

Quoi qu’il en soit, avec patience et persévérance, il peut très nettement s’améliorer.

Le but n’est pas d’atteindre une hyper-rotation extrême, mais de trouver son en-dehors fonctionnel, celui que l’on peut contrôler et maintenir dans le mouvement.

« Rien n’est si nécessaire que le tour de cuisse en dehors pour bien danser, et rien n’est si naturel à l’homme que la position contraire. »

— Jean-Georges Noverre

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